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Obsolescence Programmée: Thème de la semaine du 28/01

En 2014, la quantité de déchets électroniques et électriques avait atteint un niveau record dans le monde: 41.8 millions de tonnes ! Cette statistique est d’autant plus alarmante que moins d’un sixième de ces e-déchets sont recyclés, selon un rapport de l’Université des Nations Unies.

L’obsolescence programmée y est pour beaucoup et nombre d’entre nous en avons malheureusement été victime : Un smartphone qui se décharge de manière anormalement rapide, une imprimante dont les cartouches d’encre ne sont plus en vente, une mise à jour qui ralentit un ordinateur… L’obsolescence programmée s’effectue de diverses manières, toutes aussi frustrantes les unes que les autres.

Selon la loi française, l’obsolescence programmée est « l’ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise à réduire délibérément la durée de vie d’un produit pour en augmenter le taux de remplacement. »

Il y a d’une part les techniques dites « fonctionnelles. » Pour limiter la durée de vie d’un objet technologique, les concepteurs peuvent empêcher celui-ci d’évoluer en créant des applications non disponibles ou des mises à jour non supportées par les anciens modèles. Les metteurs en vente rendent aussi l’environnement d’utilisation hostile à l’appareil en retirant par exemple des pièces détachées du marché. Les producteurs réussissent également à installer numériquement une date de péremption ou utilisent des matériaux fragiles et non-résistants aux chocs.

Ils existent d’autre part les méthodes psychologiques. Comme Serge Latouche l’explique, on retrouve « pour chacun de nous un seuil psychologique à partir duquel on préfère renoncer à l’ancien et acheter du neuf. Tout le travail du marketing consiste à l’abaisser le plus possible. » En faisant évoluer les designs et en changeant l’esthétique des nouveaux appareils, les concepteurs dupent les consommateurs en faisant naître le sentiment que les produits moins récents manquent de fonctionnalités et ne sont plus performants.

Hormis le fait qu’il est frustrant de se retrouver avec un appareil prématurément cassé, l’obsolescence programmée pose un réel problème écologique : surexploitation des ressources pour produire toujours plus, surconsommation d’appareils périssables, objets gaspillés et jetés, accumulation d’e-déchets non-recyclés… Elle crée aussi un problème éthique en dictant les citoyens d’acheter des produits non-durables et en leur ôtant leur liberté de consommer de manière écoresponsable. Finalement, l’obsolescence programmée heurte les citoyens ayant un faible pouvoir d’achat, obligeant ces derniers à consommer des produits de faible qualité qui devront rapidement être renouvelés.

Parmi toutes les thématiques qu’elles adressent, les alternatives citoyennes s’emparent aussi de ce double enjeu écologique et éthique.  Les Repairs cafés, tels que l’ABC Atelier Bricole Chambérien, sont des lieux ouverts à toutes et à tous dans lesquels des outils sont mis à disposition pour réparer des objets abîmés ou cassés. En plus d’éviter de jeter, on y passe un moment convivial. Dans la joie et la bonne humeur, les bénévoles bricoleurs et bricoleuses de l’ABC donne un coup de main (ou de marteau) à celles et ceux qui souhaitent donner une seconde vie à leurs objets endommagés.

Les Fablab, de l’anglais « fabrication laboratory, » permettent également de reconditionner des appareils victimes des techniques du marché du renouvellement. A la lumière du 127° à Bordeaux, ces laboratoires technologiques se placent en premier front contre l’obsolescence programmée en mettant à disposition des machines qu’on ne trouverait pas chez soi, telles que des imprimantes 3Ds, des découpes laser, des presses à chaud ou encore des fers à souder.

Du côté de la sensibilisation, c’est HOP qui est l’alternative experte en la matière. Halte à l’Obsolescence Programmée est une association engagée qui s’organise autour de deux missions. La première vise à informer les citoyens à travers des campagnes de sensibilisation, des conférences et des interventions pédagogiques afin de véhiculer une vision du monde où obsolescence programmée n’existe plus. La deuxième cherche à faire évoluer les lois pour des politiques plus durables, à combattre en justice les acteurs de l’obsolescence programmée et à inciter les entreprises à créer des produits moins périssables et plus réparables.

Œuvrer pour la fin de l’obsolescence programmée est la responsabilité de toutes et de tous. Les citoyens peuvent s’approprier cet enjeu à travers des alternatives qui permettent d’allonger la durée de vie de produits endommagés. Ils peuvent contribuer à faire pression sur les décideurs pour que ceux-ci participent aussi à l’évolution de notre modèle économique actuel marqué par la surproduction et une demande de consommation créée artificiellement.

Que vous ayez à cœur des convictions écologiques, éthiques et/ou sociales, la lutte contre obsolescence programmée est une cause commune. Que ce soit pour changer vos habitudes, donner un peu de votre temps ou vous engager, vous trouverez sur notre carte une alternative qui vous convient afin de promouvoir une société plus humaine, écologique et solidaire !

1Commentaire
  • Rappelons que l’obsolescence est surtout déclenchée, dans le cas du numérique, par l’absence de mise à jour corrective (faille de sécurité / bug) ou, au contraire, par des mises à jour évolutives trop grasses.

    Tant qu’on n’imposera pas une dissociation stricte entre mise à jour corrective et évolutive, les utilisateurs changeront leurs smartphones, tablettes, ordinateurs, parce qu’ils rament.

    2 février 2019 à 9:37 Répondre

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