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Témoignages

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  • Tiphaine, responsable de la recherche des partenariats à la Cravate Solidaire 
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Tiphaine, responsable de la recherche des partenariats à la Cravate Solidaire 
 Salut Tiphaine, est-ce que tu peux te présenter rapidement et me dire quel est ton rôle au sein de la Cravate Solidaire ?
 
 
Je m’appelle Tiphaine, je travaille à La Cravate Solidaire depuis presque 3 ans et je m’occupe des partenariats, c’est-à-dire que je monte des partenariats avec les structures associatives qui envoient les candidats qu’on accompagne à l’embauche, et avec les entreprises qui organisent les collectes de vêtements pour l’habillement professionnel.
 
 Est-ce que tu peux me décrire en quelques phrases le rôle et l’histoire de la Cravate, et quels sont ses domaines d’action ?
 
La Cravate donne des tenues et des conseils pour les entretiens d’embauche à des personnes en insertion ou réinsertion professionnelle.
L’asso  a été créée en 2012, donc elle a 5 ans cette année et l’idée c’est vraiment de donner à des personnes qui sont en décrochage, qu’ont jamais été en contact avec le monde de l’entreprise, ou qui ont pas été en contact avec l’entreprise depuis un certain temps, tous les codes verbaux, non verbaux, les codes de l’image, pour leur permettre de passer la barrière de l’entretien. Parce qu’on s’est rendu compte qu’il y a plein de gens qui ont des compétences, des expériences, mais qui ne savent pas … c’est pas une histoire de se vendre… mais elles ne savent pas se mettre en valeur lors de l’entretien alors qu’elles sont tout à fait compétentes pour le poste… elles pourraient pour cette raison n’avoir jamais accès à l’entreprise…
 
 
 Comment entrez-vous en contact avec ces gens-là ?
 
 
Les personnes qui viennent sont orientées par les structures qui les accompagnent sur le long terme. Nous on fait un accompagnement ponctuel.
Souvent les personnes elles sont accompagnées par des assos sur l’emploi, des chantiers d’insertion… un peu tout type de structures. Elles nous les envoient quand les personnes sont en démarche active de recherche d’emploi, c’est-à-dire quand elles auront des entretiens rapidement.
Sinon il y a des personnes qui nous contactent d’elles-mêmes. Elles ont entendu parler de l’asso, et elles ont un entretien bientôt et elles n’ont pas les moyens de se procurer une tenue, ou bien l’entretien c’est quelque chose qui leur paraît insurmontable…
 
 
Tu peux me décrire le genre d’actions auxquelles tu prends part au sein de la Cravate ?
 
 
L’action est globalement la même, le but étant de créer le maximum de partenariats pour que le maximum de personnes ait accès à la Cravate Solidaire.
Il y a un vrai besoin, à chaque fois qu’on rencontre des structures d’accompagnement, ils nous le disent. Moi, après, ce qui me touche le plus, ce sont les structures qui accompagnent des gens qui ont 45-50 ans qui n’ont jamais travaillé de leur vie, ou seulement des petites missions ponctuelles. Du coup ils se retrouvent dans des situations compliquées où ils doivent trouver un emploi et vite.
Le problème étant qu’ils ne savent pas comment parler de leur parcours, car face à un recruteur ils ne savent pas résumer, se mettre en avant, parler de ce qu’ils savent faire. Et juste le fait qu’ils ressortent de chez nous et qu’ils soient capables de se présenter en 5 minutes et expliquer pourquoi ils sont là et pourquoi ils veulent faire tel métier, c’est un grand pas.
 
 
 Depuis quand tu es dans cette structure ?
 
 
Je suis arrivé en 2014, sachant que la première année c’était essentiellement de la collecte de vêtements. La Cravate a été créée par 3 garçons d’école de commerce et au début ça devait être qu’une petite asso qu’ils faisaient marcher quand ils avaient du temps.  En fait ils ont eu l’opportunité de grandir.
J’ai eu l’occasion de les rejoindre en temps que volontaire en service civique, ensuite on a été sélectionné à La France s’Engage ce qui a permis d’avoir des fonds pour salarier du monde.
 
 
Qu’est-ce qui t’a incité à rejoindre l’asso ?
 
 
Je cherchais un SC, j’avais terminé mes études et pas forcément envie de travailler à temps plein tout de suite. Je suis tombée sur l’annonce de la Cravate et comme la réinsertion professionnelle ça a toujours été le truc qui me touche… puisqu’on a tous déjà été confrontés dans notre entourage à des gens qui trouvaient pas de boulot ou qui ont été licenciés…
 
 
Qu’est-ce que tu considères comme étant le point primordial de ton engagement au sein de la Cravate Solidaire ?
 
 
Moi c’est vraiment de rencontrer les autres structures. On se rend pas compte à quel point, quand on est pas dans le monde associatif ou le milieu de la réinsertion, de tout ce qui existe pour les gens qui cherchent un emploi, et qui n’est pas connu du grand public.
Moi je me dis, si toutes étaient suivies par une structure parmi celles que j’ai rencontrées, ça irait mieux. Y a vraiment des gens trop investis qui font tout ce qu’ils peuvent pour aider les gens à se réinsérer.
Parfois on a des assos qui nous disent qu’elles ont deux-trois places vacantes, et je trouve ça dommage qu’on passe à coté de ça. Ça permet aussi de créer du lien social. Le fait d’être entouré, conseillé c’est très important ! Moi j’adore faire des RDV avec des assos qu’accompagnent les gens.
 
 
Ça vous arrive parfois d’être débordés par les demandes ?
 
 
Ça nous arrive parfois, oui. Y a des périodes, comme Noël ou tout le mois de janvier où les demandes augmentent. Et l’été c’est dommage parce qu’il y a plein d’entreprises qui recrutent en août, mais les gens pensent que tout est fermé pendant les vacances. Et comme c’est plus calme en entreprise dans cette période on a beaucoup plus le temps de faire passer des entretiens etc… y a plein de postes vacants pour septembre, donc faudrait que les gens commencent à faire les démarches dès août.
 
 
Et comment se passent les simulations d’entretien ?
 
 
D’abord y a les conseils sur l’image, donc les tenues tout ça. Après y a les conseils sur l’entretien en soi, gérés par les bénévoles RH, qui sont là pour faire passer un entretien blanc. Sauf que la différence avec un vrai entretien c’est qu’à la fin il y a le débrief, qu’il n’y a pas dans la vie réelle. Du coup on peut leur dire ce sur quoi ils n’appuient pas assez, ce qui n’a pas lieu d’être abordé en entretien d’embauche etc….
C’est vrai que ça stresse un peu les gens, mais en même temps, des entretiens, plus on en a fait dans sa vie plus c’est facile et vaut mieux se tromper avec nous car il n’y a pas d’enjeux. On peut arrêter l’entretien en plein milieu pour que la personne comprenne pourquoi on a posé telle ou telle question à ce moment précis, et c’est mieux de le faire maintenant plutôt que le jour J.
 
 
Quelles sont les plus grandes difficultés que rencontrent les personnes accompagnées après les entretiens ?
 
 
Les grosses complications ça va d’abord être les gens qui ne comprennent pas la langue, forcément, même s’ils sont plein de bonne volonté, le contact n’est pas passé. Pour ça on ne peut pas faire grand chose… Mais sinon en général le plus gros problème c’est l’adaptation dans la structure d’embauche. C’est là dessus qu’on voudrait mettre en place quelque chose pour que les gens puissent s’adapter à leur nouvelle structure.
Il y a des gens qui réussissent l’entretien mais qui n’arrivent pas à rester dans l’emploi. Ils restent un mois, deux mois, mais après ça le fait plus… 
Y a un vrai décalage entre ce que les gens imaginent du travail, ce qu’ils en attendent, ce qu’ils veulent vraiment faire, et les attentes de l’entreprise.
Y a déjà 3-4 strates différentes. Du coup c’est souvent les personnes à difficultés sociales qui ont du mal à rester dans l’emploi, parce qu’il y a d’autres choses qui interviennent et je pense que c’est très important d’avoir un support extérieur.
Il ne faut pas que l’accompagnement s’arrête une fois que la personne a trouvé un emploi. Il faut qu’il continue longtemps pour surpasser les barrières qui mettent à l’écart la stabilité de l’employé.
Par exemple il y a des gens qu’on appelle au bout de deux mois qui nous disent que l’entretien s’est super bien passé, que c’est génial et tout, mais quand on les appelle 6 mois plus tard, ils nous disent qu’au final ça l’a pas fait.
 
Après ça demande beaucoup d’investissement, on pourrait mettre en place des systèmes de parrainage, démarcher des structures, essayer de faire des contrats tripartites entre la personne, l’entreprise, et nous… et que s’il y a un souci on puisse intervenir directement.
On pense souvent au problème que représente l’accès à l’emploi, mais pas celui de le garder !
 
 
Et tu peux me dire comment les gens peuvent s’engager auprès de vous et quel serait leur panel de missions ?
 
 
On recherche des bénévoles essentiellement dans deux domaines : le conseil en image et les Ressources Humaines, enfin le recrutement. Pour le conseil en image, il ne faut pas forcément un mec certifié, mais c’est pas non plus juste choisir une taille de vêtement adaptée et voilà ! Il doit être capable de donner des conseils avancés, et d’aborder tous les thèmes, aussi bien la coiffure que le maquillage et l’habillage. Il vaut mieux avoir une approche plus globale.
Et pour les RH, ils doivent être capables de mener un entretien de A à Z, et d’avoir les réflexions que peut avoir un recruteur. Tout autre fonction, support, qui peut être utile nous intéresse aussi, comme des supports juridiques, de la comptabilité…
 
Soit la personne intéressée nous envoie un mail directement à contact@lacravatesolidaire.org, soit il vient à une réunion d’information bénévole qu’on organise tous les 2-3 mois, et où on a un petit processus pour intégrer les bénévoles.
Donc y a la réunion d’informations où on détermine si la personne est vraiment intéressée, si ça correspond à ce qu’elle avait imaginée.
Ensuite y a un parcours du nouveau bénévole, c’est-à-dire qu’ils vont rencontrer des gens qui font déjà ce travail dans l’asso, qui savent de quoi ils parlent et qui pourront leur transmettre un peu leur expérience, et ainsi voir s’ils sont toujours OK pour donner leur temps.
 
On ne demande pas d’engagement régulier, chacun vient selon ses disponibilités, par contre le jour où il ou elle est à la Cravate, on veut qu’il/elle soit là vraiment à 100% !
 
 
Quel est le profil des bénévoles ?
 
 
Etonnamment c’est plus des salariés, qui vont avoir en moyenne entre 30 et 45 ans. Ils viennent le weekend et souvent le mercredi ou vendredi, car ils posent des RTT ou parce qu’ils sont indépendants, donc ils peuvent venir quand ils veulent. On a besoin d’avoir du monde qui tourne régulièrement. En gros ce sont à majorité des actifs.
En fait c’est plus logique parce qu’on demande quand même un certain niveau d’expertise. On essaie  de faire des binômes, donc avec une personne plus expérimentée, parce que quand on fait passer un entretien blanc à quelqu’un qu’a 50 ans, qu’a 20 ans d’expérience professionnelle mais qu’a eu un problème dans son parcours, et qu’on est encore étudiant, c’est compliqué de se confronter à ça. Et même en terme de crédibilité face à la personne… Elle veut quelqu’un qui travaille en entreprise. Voilà ! 
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