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Témoignages

  • Anna, Membre de l'association «  Moissons Solidaires »
  • Claire, membre de « Terre de Liens »
  • Découvrez les membres de la conquête du pain: la boulangerie éco-gérée,
  • Gaël, Co-fondateur du MakerSpace « Scolopendre »
  • Gauthier, co-fondateur de Food2rue
  • Gilia, co-créatrice de Freegan Pony
  • Giovanni, ambassadeur au Carillon
  • Leeroy, engagé chez « Enercity78»
  • Lilianne, référente du comité relations extérieures de l’Accorderie du Grand Belleville
  • Louise, chargée d'administration à Zero Waste
  • Lucile, salariée de la Boutique sans argent
  • Manon, engagée auprès de Biocycle
  • Nathan,  coordinateur d'Incroyables Comestibles Paris
  • Olivier, engagé chez « Énergie Partagée »
  • Penelope, membre de la Coopérative Alimentaire Sociale et Solidaire l’Indépendante
  • Tiphaine, responsable de la recherche des partenariats à la Cravate Solidaire 
Partagez votre témoignage avec nous !
Gaël, Co-fondateur du MakerSpace « Scolopendre »
• Salut Gaël, tu peux te présenter ?

Je m’appelle Gaël Trouvé, j’ai 30 ans, et je suis en train de monter, avec Adrien, un mackerspace en collaboration avec le projet de la Bricolette d’Alice et Antoine, qui est un projet de ressourcerie un peu expérimentale, dans le 10ème arrondissement de Paris.

J’ai travaillé pendant 2 ans en ressourcerie avant ça, et j’ai travaillé aussi dans le mackerspace de la Petite Rockette, où on a un peu réfléchi à ce que ça signifie vraiment être une ressourcerie : sur le fait de lutter contre la société de consommation avec un outil propre de la consommation, qui est une boutique, et de servir a massifier des déchets pour le compte de l’industrie. Je me suis posé pas mal de questions à ce niveau-là.

J’ai exercé pendant 8 mois en tant que consultant en développement durable, sur la revalorisation du transport maritime à la voile en mer du Nord, et ça m’a un peu dégouté de ce secteur, car pour moi le développement durable est maintenant une oxymore… Développement signifie croissance économique, et durable c’est précisément l’absence de croissance infinie dans un monde de ressources finies. Je me suis donc un peu érigé contre ça…

• Ca fait donc 5 mois que tu as lancé ton projet de mackerspace au sein de la Bricolette : le Scolopendre ? De quel constat es-tu parti ?

Le mackerspace s’appelle bien Scolopendre. Le constat principal c’est le fait qu’il faille faire se rencontrer deux franges dissidentes des représentations dominantes dont il me semble que la rencontre peut augurer un autre monde possible : les décroissants et les hackers. Cette rencontre n’est pas si facile en raison d’une certaine représentation de la technique et d’un rapport très technocritique du côté décroissant, et technophile du côté hacker.

Le mackerspace s’appelle bien Scolopendre. Le constat principal c’est le fait qu’il faille faire se rencontrer deux franges dissidentes des représentations dominantes dont il me semble que la rencontre peut augurer un autre monde possible : les décroissants et les hackers. Cette rencontre n’est pas si facile en raison d’une certaine représentation de la technique et d’un rapport très technocritique du côté décroissant, et technophile du côté hacker. Scolopendre est né de l’envie, en ouvrant un mackerspace au sein d’une ressourcerie, de proposer une boite à outil citoyenne, pour que les habitants du 10ème arrondissement puissent se réapproprier la gestion de leurs déchets, en allant au-delà de la simple réparation des objets, qui représente un pourcentage très faible de la masse des déchets collectés, notamment dans la région parisienne où il y a encore plus de 60 pourcent des déchets incinérés, 10 pourcent qui sont enfouis, 20 pourcent à peu près recyclés, et seulement 0,005 pourcent réemployés…

Il y a un milliards de choses qu’on peut faire avec ces déchets, notamment avec les plastiques qui sont des ressources très dangereuses mais en même temps très facilement recyclables.

• Comment fonctionnerait ce mackerspace, quels seraient ses domaines d’action ?

Tout d’abord, on aurait à temps plein un banc de recyclage des plastiques artisanal. L’idée d’utiliser des basses technologies pour les activités du mackerspace nous tient à cœur, cela permettrait comme je l’ai dit plus haut de rapprocher décroissants et hackers. On pense que les lowtechs permettent de faire de l’innovation tout en restant un peu technocritique.

L’atelier serait aussi composé d’un banc de recyclage citoyen des textiles. Il y aura aussi un atelier de réparation ou chacun pourra venir bidouiller, partager ses savoir-faire, faire des expérimentations… mais le cœur du projet serait ces bancs de recyclage.

On a besoin d’un investissement massif de la société civile, pour qu’ils se rendent compte qu’avec leurs propres déchets ils pourraient construire des planches, des nouveaux matériaux, des briques de construction…

On souhaite donc proposer une façon expérimentale et ambitieuse de faire une ressourcerie, pour qu’elle ne soit pas un simple acteur et filtre d’une chaîne de gestion des déchets qui restent industriels, mais bien une alternative à cette gestion des déchets.

• Qu’est-ce qui est le plus important pour toi ?

C’est un véritable outil pour penser global et agir local, car ces transformations seront reproductibles partout, puisqu’on travaille sur une charte de l’open hardware à partir des déchets, en opensource. La mondialisation et la société de consommation ont produit une production de déchets plutôt homogènes sur la planète, on peut donc y apporter des solutions similaires, réappropriables et locales, sans avoir besoin de massifier ou de passer par des circuits industriels !

• Qu’est-ce que ça t’apporte personnellement de porter ce projet, d’être engagé ?

J’ai l’impression de faire partie de cette partie de la population qui doit absolument faire quelque chose, puisqu’on a le temps, et qu’on a eu accès à une éducation complète… On peut se pencher sur les problématiques de notre époque et y apporter une solution. Ne pas le faire, se serait en quelque sorte se trahir. Je pense qu’il y a une forme de responsabilité de porter une volonté de changement, lorsqu’on a les connaissances du monde qui nous entoure et qu’on arrive à pointer ses failles.

A part ça, y a tellement de trucs géniaux, tellement de rencontres, quand on commence à rentrer dans ce processus on se rend compte qu’on n’est pas du tout seuls. J’y trouve beaucoup de joie sur le plan humain, c’est que du bonheur !